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22.04.2008

Back in ze mouiZe

Je ne vais pas bien. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis mal, si ca fait des mois, si ca date d'avant que je change d'agence, si c'était avant ça, avant que je ne travaille, avant que je ne grandisse, avant que je naisse... Peut-être ai-je toujours été triste, mélancolique, mais je n'en sais plus rien. Je ne sais plus qui je suis, qui j'étais.

 

Ce que je crois, c'est que quelque part, je me suis perdue, en chemin... un matin j'étais moi, le lendemain, j'étais differente, la même, visuellement, mais en réalité, en profondeur, j'étais devenue une autre.

 

Chaque jour depuis m'apparaît comme une souffrance. J'ai mal de me lever, de fréquenter des gens, de parler, de donner l'illusion que dans mon corps il ya une autre, qui ne parle plus, qui ne souri plus, qui ne rêve plus. Chaque jour m'apparaît comme un enfer dans lequel je m'enfonce.

 

La cause est simple : mon travail. Tout va à l'envers (l'enfer?) depuis que j'ai changé d'agence. Ou pas tout a fait, avant que je n'aille plus il y a eu une periode durant laquelle ca allait a peu près, entre l'acclimation dans l'équipe, dans l'agence, dans l'environnement. Ensuite, il n'y a rien eu de plus, a part que mes nerfs ont finis par ne plus supporter ce que j'y vis.

 

Mon gros problème avec ce travail, c'est une de mes collègues. A part l'appeller "Grosse Conne" (ou "grosse conne", les majuscules sont de trop), je ne sais pas trop comment l'appeller, d'ailleurs au travail, je l'appelle rarement, je ne lui adresse pas la parole. On dira MJ, pour les intimes, ses initiales devraient suffire pour l'identifier.

 

Pour la décrire il faudrait que je trempe ma plume dans le vitriol, ce que je vais m'empresser de faire, peut-être que ca me soulagera...

Physiquement, c'est une petite grosse, à son âge, les kilos en trop et la nourriture italienne ont fini par faire leur effet. Elle est grosse, mais sans forme, les seins tombants sur ses genoux, les fesses aplaties par le poid des années, les jambes comme des poteaux a cause de la rétention d'eau. Son visage est celui de Monsieur Patate, avec l'énorme pif bien sûr, et la coupe de Mafalda, ou Playmobil, au choix. Une coupe carrée, sans forme comme elle, sans vie, sans relief. Elle porte toujours ses lunettes sur le bout de son nez, prêtes à tomber et regarde les clients, les collègues, moi, par dessus, comme une vieille peau revêche. Sa voix c'est à la fois un cri dans les oreilles à 9h du matin quand vous êtes encore bourrés, une craie qui crisse sur un tableau noir, la roulette du dentiste, avec parfois une pointe de corbeau qui fond sur sa proie.

 

Ce descriptif soulève une question (et les estomacs) :  est-ce possible de destester quelqu'un qui nous inspire de la pitié, et inversement? Se peut-il que deux sentiments aussi distincts puissent etre inspirés par la même personne?

 

Physiquement, si elle n'est pas dans les normes actuelles (à savoir, en 2008 et malgré le projet de loi qui sanctionnerai l'incitation à l'anorexie, le stéréotype parfait c'est environ 32 kilos pour 1,98 m), je m'en fiche. Je ne la regarde pas, et il parait qu'elle était une jolie jeune femme à l'époque de son mariage. Parole du chef qui est le meilleur ami de MJ. En premier lieu, elle n'est pas responsable de ce à quoi elle ressemble. Enfin sauf pour les kilos peut être?

 

Le problême n'est pas là, comme le disent nos fiches métier : "on n'est pas responsables de la tête qu'on a, mais on est responsables de la tête qu'on fait".

 

je ne sais même plus pourquoi raconte tout ça, je m'égare encore, comme avant. Le but était ici simplement de vous décrire une partie de mon enfer, et le suppôt de satan que je dois cotôyer.

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